Medellin, deuxième ville du pays en termes de population et de développement, c'est aussi un lieu où règnent les inégalités. Entre le quartier « Poblado » par exemple, très bien équipé pour les étrangers et où la vie est chère, et le centre de Medellín « El Hueco » ou " Commune 13 " il existe des différences importantes en termes de richesse des habitants et d'accès aux besoins de base tels que l'eau courante, l'éducation ou les transports en commun.

L’agglomération de Medellin, (sans compter les communes périurbaines accolées) compte actuellement environ 2,5 millions d’habitants, et est constituée par 17 communes.

La Comuna 13 est l’une de celles qui a été le plus affectée par la violence, la précarité et les conflits armés.

Pour un petit rappel historique, les habitations, dûes à l´exode rural, fûrent construites à flan de montagne en périphérie de la ville de Medellín, et ne disposaient pas d´énergie, d’eau courante ni de services publics, et étaient considérées comme “envahissantes” par le gouvernement.

La comuna 13 a par la suite vite été investie par les guerilleros et narcotraficants du fait de de sa position stratégique, en hauteur, difficile d’accès et proche à la fois de la montagne pour se cacher et à la fois de la route qui mène à Turbo pour le trafic d’armes et de drogues. Il règnait donc dans le quartier un climat de violence et d´insécurité avec un contrôle de la population par des bandes criminelles.

Sous prétexte de lutte antiguérillero, le gouvernement créa alors des “groupes d’autodéfense” connus également sous le nom de paramilitaires, et organisa des opérations militaires de grande ampleur à partir de 2001, sans grande distinction entre la population civile et les groupes guérilleros.

La plus représentative et meurtrière d’entre elles fût l’opération Orion, qui eut lieu entre le 16 et le 17 octobre 2002, vaste opération de “nettoyage” organisée par le gouvernement, et exécutée conjointement avec les groupes paramilitaires, qui occasionna 14 morts, 40 blessés et plus de 300 disparus.

A la suite de cette opération, les groupes paramilitaires sont restés et sont toujours présents dans certaines zones, organisés comme un système de protection mafieux. Les habitants doivent en effet payer une taxe chaque semaine pour “assurer leur sécurité”.

Cependant, à partir des années 2005, un projet social de réabilitation de la comuna voit enfin le jour avec un encouragement à la création artistique, des bourses étudiantes, et la volonté d’aménager l’espace pour offrir une nouvelle vision du quartier, avec en particulier le funiculaire, qui relie le centre-ville à la Comuna 13 de manière plus efficace, et les escalators, qui permettent aux habitants de ce quartier de se déplacer beaucoup plus facilement. Le tourisme a également fait son apparition dans ce contexte, avec des visites organisées par des personnes du quartier.

C’est dans cet esprit que la comuna 13 abrite actuellement des artistes principalement de la culture urbaine, rappeurs et grafeurs, qui participent à transformer l’espace et l’ambiance du quartier.

Casa Kolacho, par exemple, est une corporation fondée par des jeunes qui, fatigués, décidirent de raconter l’histoire de leur quartier avec une dimension supplémentaire que seulement l’aspect des assassinats et de la drogue et promeuvent le rap, le grafitti et le break danse.

Deux décennies depuis, ce lieu est un point de rencontre d’artistes qui donnent une alternative aux jeunes contre la criminalité, avec l´art comme unique arme.

En se promenant dans ce quartier, il est difficile d’imaginer la violence que la population a subie il y’a seulement une vingtaine d’année. On ressent surtout une volonté de vivre et de transmettre une énergie positive en sublimant le passé du quartier par tous les moyens possibles ; danse, chant, musique, dessin.. La comuna 13 est un bon exemple de ce que l’on peut produire de positif sur de la souffrance, et donne envie d’essayer d´avoir cette attitude dans notre vie personnelle.

Cet article a été écrit à l'origine en Français

Par Claire Allievi de France

Tous les articles de ce blog ont été écrits par les professeurs de notre école et par des étudiants de différents pays qui ont voyagé en Colombie pour apprendre l'espagnol.
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